Partager l'article ! le télétravail Progresse enfin !: ORGANISATION DU TRAVAIL Le télétravail gagne de nouveaux adeptes Pour 70 parlementaires ...
Pour 70 parlementaires signataires d’une proposition de loi, ce
mode de travail à distance est une planche de salut, en matière tant
d’emplois que de flexibilité ou d’environnement.
C’est un serpent de mer. Mais, Début novembre, trois députés ont
Remis le télétravail au goût du jour. Mi-octobre, lors de l’examen du
projet de loi relatif au Grenelle de l’environnement, l’Assemblée nationale avait voté,
à l’unanimité, un amendement incitant le gouvernement à soutenir le télétravail pour
limiter la pollution. Mais Jean-Pierre Decool, député du Nord,
Bernard Gérard, député maire de Marcq-en-Baroeul, et Pierre Morel-A-l’Huissier,
député de Lozère, sont allés plus loin. Ils ont déposé une proposition de loi destinée
à « promouvoir le télétravail en France » sur le bureau de l’Assemblée.
Quelque70 députés l’ont déjà signée. Favorable à l’environnement,
car il limite les déplacements des salariés, le travail à distance « peut aussi être
une chance pour les zones rurales peu desservies par les transports publics,
où il y a une forte mobilité, et qui veulent maintenir leur population active »,
argumente Jean-Marc Lefranc, député du Calvados.
En outre, à l’heure où les outils mobiles fleurissent, le nombre de travailleurs nomades
Européens devrait bondir de 80 à 88 millions d’individus entre 2008 et 2009,
d’après le cabinet IDC.
Or la France accuse un retard. En 2006, le nombre de salariés ayant recours au télétravail n’était
que de 6% dans l’Hexagone, contre 25,4% aux Pays-Bas, 22,8% en Allemagne, en Finlande
et au Danemark, et plus de 15% en Italie et au Royaume-Uni. Et, selon les députés,
« 90%des chefs d’entreprise français disent ne pas connaître les possibilités offertes
par cette organisation du travail ».
Des freins demeurent Certaines sociétés enregistrent pourtant des expériences
concluantes. Munis d’ordinateurs et de téléphones portables fournis
par l’entreprise, 60%des 2.200 salariés de SGSFrance ont recours au
télétravail. « Cela concerne surtout nos cadres dirigeants, qui sont itinérants de fait cela a beaucoup diminué nos frais de location de bureaux », commente Francis Bergeron, directeur des ressources humaines de ce groupe, spécialisé dans les métiers de contrôle et de certification.
Mais des freins demeurent comme, par exemple, « une perception franco-française par certains patrons qui pensent que leurs salariés en télétravail vont travailler moins que les autres et craignent de perdre leur pouvoir de contrôle », estime François David, secrétaire nationale a la CFDT-cadres. Pour la CGT, « le télétravail induit des risques, tels l’isolement des salariés ou le fait de devoir effectuer davantage d’heures de travail. Il implique de nouvelles garanties collectives à promouvoir », pointe Marie-Jo Kotlicki, secrétaire générale de la CGT-cadres et techniciens. La proposition de loi n’est pas encore inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée. Toutefois, prévient Bernard Gérard,« nous avons l’intention de ne pas la voir finir dans un tiroir ».
CAPUCINE COUSIN